Aller au contenu principal

Soutenance de thèse de Benjamin Lopez

Soutenance

Le 20 novembre 2026

soutenance

Essais sur l’origine idiosyncratique des fluctuations agrégées

Membres du jury

  • Virgile CHASSAGNON, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse
  • Isabelle MéJEAN, Professeure des Universités, SciencesPo-Departement of Economics, Rapporteur
  • Christophe HURLIN, Professeur des Universités, Université d'Orléans, Rapporteur
  • Cyriac GUILLAUMIN, Professeur des Universités, Université Grenoble-Alpes, CoDirecteur de thèse 
  • Ani GUERDJIKOVA, Professeure des Universités, Université Grenoble Alpes, Examinateur 
  • Cécile COUHARDE, Professeure des Universités, Université Paris Nanterre, Examinateur 

Résumé / Abstract

La macroéconomie a plusieurs fois intégré une nouvelle source de chocs dans une théorie unifiée : chocs monétaires, de productivité, de demande sont chacun devenus un système complet, où impulsion et propagation sont spécifiées ensemble. La littérature sur l'origine idiosyncrasique des fluctuations agrégées, ouverte par Gabaix (2011) et Acemoglu et al. (2012), n'a pas suivi cette voie. Quinze ans après, elle reste un ensemble de contributions séparées plutôt qu'un cadre unique. Cette thèse soutient que l'élément manquant est l'unité, et en propose un traitement direct de la propagation, fondé sur le pouvoir relationnel plutôt que déduit d'un impact agrégé. Le chapitre 1 diagnostique cette littérature à l'aide d'une grille tirée de la distinction impulsion-propagation de Frisch (1933), appliquée uniformément aux traditions macroéconomiques. Aucun appareil commun ne les relie la littérature sur l’origine idiosyncratique des fluctuations agrégées. Chacune résout un sous-ensemble différent des mêmes choix de modélisation. Là où cette littérature converge, sur une élasticité de substitution uniforme, cette convergence se révèle insuffisante dès que les chocs sont poussés au-delà du premier ordre (Baqaee et Farhi, 2019). Le chapitre 2 applique l'argument de diversification au niveau de la firme individuelle, au sein d'un réseau de production. L’argument échoue dès que les parts d'achat se concentrent chez un fournisseur, qu'un fournisseur est partagé entre firmes d'une même couche, ou que les firmes diffèrent dans la fidélité avec laquelle elles transmettent ce qu'elles reçoivent. Un choc n'atteint l'agrégat que si chaque maillon de son chemin échoue simultanément sur ces trois plans. Le chapitre 3 dérive cette capacité de propagation, d'une décision de la firme plutôt que d'une hypothèse supplémentaire, en s'appuyant sur la théorie de la firme comme entité fondée sur le pouvoir (Chassagnon, 2018) et sur la logique des contrats relationnels auto-exécutoires. Une firme touchée par un choc arbitre entre un gain de court terme et le risque qu'un partenaire lésé mette fin à une relation précieuse. Le pouvoir relationnel résout cet arbitrage de façon asymétrique : le pouvoir de la firme sur son partenaire détermine la part d'un choc négatif qu'elle répercute ; le pouvoir du partenaire sur la firme détermine la part d'un choc positif qu'elle partage. Le chapitre 4 teste ce mécanisme à partir de chocs sur les exportations françaises, identifiés comme idiosyncratiques par rapport aux autres exportateurs de la zone euro, et suivis dans les importations des pays partenaires au niveau du produit. Deux indicateurs de pouvoir relationnel, construits à partir des couts de remplacement des fournisseurs et de la spécificité à l'export, modèrent la propagation avec une ampleur économiquement significative. La majorité des produits montrent une répercussion positive, concentrée précisément là où ces deux indicateurs signalent une relation la plus difficile à quitter. La dispersion des prix entre acheteurs d'un même bien apporte une preuve indépendante du même pouvoir sous-jacent, par la discrimination tarifaire. Ensemble, ces quatre chapitres proposent que des déterminants de la propagation déjà documentés séparément dans la littérature, spécificité, coûts d'ajustement, contraintes financières, position dans le réseau, soient différentes facettes d'une même grandeur : le pouvoir relationnel que chaque partie à un échange détient sur l'autre.

Macroeconomics has repeatedly absorbed a new source of shocks into a unified theory: monetary, productivity, demand shocks, each became a complete system, impulse and propagation specified together, and tested against a common empirical standard. The idiosyncratic-origin literature, opened by Gabaix (2011) and Acemoglu et al. (2012), has not followed this path. Fifteen years on, it remains a set of separate contributions rather than one framework. This thesis argues the missing element is unity, and proposes a direct treatment of propagation, grounded in relational power rather than read off an aggregate impact. Chapter 1 diagnoses the literature of idiosyncratic origins of aggregate fluctuations using a grid drawn from Frisch's (1933) impulse-propagation distinction, applied uniformly to macroeconomic traditions and to the idiosyncratic-origin literature's own direct, indirect, and dyadic contributions. No shared apparatus connects them: each resolves a different subset of the same modeling choices. Where this literature does converge, on a uniform elasticity of substitution, this convergence is shown to be insufficient once shocks are pushed beyond the first order, exactly where Baqaee and Farhi (2019) show network structure to matter again. Chapter 2 moves the classical diversification argument to the individual firm within production network in which only final firms contribute directly to aggregate output. Diversification fails once purchase shares concentrate in a single supplier, a supplier is shared across firms within a layer, or firms differ in how faithfully they transmit what they receive. A shock reaches the aggregate only if every link along its entire path fails to diversify on all three counts at once. Chapter 3 derives this propagation capacity, from a firm's own decision rather than a further assumption, building on Chassagnon's theory of the firm as an entity founded on power and on the logic of self-enforcing relational contracts. A firm facing a shock weighs a short-run gain against the risk that an exploited partner ends a valuable relationship. Relational power resolves this trade-off asymmetrically: a firm's own power over its partner governs how much of a negative shock it passes on; the partner's power over the firm governs how much of a positive one it shares instead. Chapter 4 tests this mechanism using French export shocks, identified as idiosyncratic relative to other euro-area exporters, and traced into partner countries' imports at the level of the specific good. Two proxies for relational power, built from supplier switching cost and good specificity, moderate propagation with an economically meaningful magnitude. Majority of products show a positive pass-through, concentrated precisely where these two proxies indicate a relationship is hardest to exit. Price dispersion across buyers of the same good provides independent evidence of the same underlying power, through price discrimination. Together, these four chapters propose that determinants of propagation already documented separately in the literature, input specificity, adjustment costs, financial constraints, network position, are different faces of one underlying quantity: the relational power each party to an exchange holds over the other.  

Date

Le 20 novembre 2026

Localisation

Complément lieu

Auditorium, Bâtiment Imag

Publié le 8 octobre 2026

Mis à jour le 29 octobre 2026