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Soutenance
Le 27 novembre 2026
Volatilité des prix des matières premières, politique monétaire et développement durable : enseignements tirés des pays en développement
Membres du jury
- Guillaume VALLET, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse
- Sandrine LEVASSEUR, Directrice d'Études, Sciences Po - Paris, Examinateur
- Laëtitia GUILHOT, Maîtresse de Conférences, Université Grenoble Alpes, Examinateur
- Olivier DAMETTE, Professeur des Universités, Université de Lorraine, Examinateur
- Rima HAWI, Professeur des Universités, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yveline, Examinateur
- Jean-Pierre ALLEGRET, Professeur des Universités, Université de Nice, Rapporteur
- Juan MORA-SANGUINETTI, Directrice d'Études, Banco de España, Rapporteur
Résumé / Abstract
Le financement du développement durable exige des ressources budgétaires, institutionnelles et financières considérables. Or les pays en développement évoluent dans un environnement marqué par la faiblesse de la mobilisation des ressources intérieures, l’instabilité des financements extérieurs, la progression de la dette publique, la vulnérabilité aux chocs climatiques et, dans plusieurs pays africains, la montée des dépenses sécuritaires au détriment des investissements productifs sociaux. Dans ce contexte, la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) se heurte à un écart persistant entre les besoins de financement et les moyens effectivement disponibles. Cet écart impose de repenser les leviers macroéconomiques susceptibles d’accompagner la transition écologique sans compromettre la stabilité des prix, la soutenabilité budgétaire et l’amélioration du bien-être. La thèse s’inscrit précisément dans cette problématique en analysant, d’une part, comment la volatilité des prix des matières premières (CPV) fragilise les trajectoires de développement durable dans les pays en développement. Elle examine, d’autre part, dans quelle mesure le ciblage d’inflation (IT) peut constituer un cadre de politique monétaire capable d’appuyer le financement du développement durable. Autrement dit, il s’agit d’évaluer sa capacité non seulement à stabiliser les prix, mais aussi à améliorer les conditions macroéconomiques et financières dans lesquelles les pays font face aux chocs. L’architecture générale du manuscrit repose sur quatre essais empiriques articulés autour d’une même interrogation : comment des économies en développement, souvent dépendantes des matières premières et soumises à de multiples contraintes structurelles, peuvent-elles améliorer simultanément l’efficience de leurs dépenses publiques, la soutenabilité écologique du développement humain et leur résilience climatique, et quel rôle la politique monétaire, notamment le ciblage d’inflation, peut-elle jouer dans ce processus ? Les deux premiers chapitres examinent les effets de la volatilité des prix des matières premières sur la performance des finances publiques et sur l’efficience écologique du développement humain, tandis que les deux derniers étudient les conséquences du ciblage d’inflation sur le développement durable puis la vulnérabilité climatique. Cette organisation reflète une idée centrale. Dans les pays en développement, les difficultés de financement durable ne peuvent être comprises sans considérer conjointement l’instabilité des recettes liée à la spécialisation primaire et le rôle de la politique monétaire dans la création d’un macroéconomique compatible avec l’investissement de long terme, la résilience et la transition écologique. Sur le plan des champs disciplinaire, la thèse se situe à l’intersection de l’économie du développement, de la macroéconomique internationale, de l’économie écologique et de l’économie monétaire. Elle repose sur l’idée que la volatilité des prix des matières premières constitue un choc macro-structurel majeur pour les pays en développement, car elle affecte simultanément les recettes fiscales, les termes de l’échange, les taux de change, les conditions de financement, les arbitrages budgétaires et, in fine, la qualité même des dépenses publiques. En parallèle, elle mobilise une lecture élargie de la politique monétaire, selon laquelle le ciblage d’inflation, en stabilisant l’environnement macroéconomique, peut produire des effets indirects sur l’investissement, le développement humain et l’allocation des ressources. Il est également susceptible d’influer sur la discipline budgétaire et sur certaines dimensions de la performance
environnementale.
Financing sustainable development requires considerable budgetary, institutional, and financial resources. However, developing countries operate in an environment characterized by low domestic resource mobilization, unstable external financing, rising public debt, vulnerability to climate shocks, and, in several African countries, rising security spending at the expense of productive social investments. In this context, achieving the Sustainable Development Goals (SDGs) faces a persistent gap between financing needs and the resources actually available. This gap requires a rethinking of macroeconomic levers capable of supporting the ecological transition without compromising price stability, fiscal sustainability, and improvements in well-being. This thesis addresses precisely this issue by analyzing, on the one hand, how commodity price volatility (CPV) undermines sustainable development trajectories in developing countries. On the other hand, it examines the extent to which inflation targeting (IT) can serve as a monetary policy framework capable of supporting the financing of sustainable development. In other words, the aim is to assess its capacity not only to stabilize prices but also to improve the macroeconomic and financial conditions under which countries cope with shocks. The overall structure of the manuscript is based on four empirical studies centered on a single question: How can developing economies—which are often dependent on raw materials and subject to multiple structural constraints—simultaneously improve the efficiency of their public spending, the ecological sustainability of human development, and their climate resilience? And what role can monetary policy, particularly inflation targeting, play in this process? The first two chapters examine the effects of commodity price volatility on the performance of public finances and on the ecological efficiency of human development, while the last two chapters study the consequences of inflation targeting on sustainable development and then on climate vulnerability. This structure reflects a central idea. In developing countries, the challenges of sustainable financing cannot be understood without considering both the revenue instability linked to primary commodity specialization and the role of monetary policy in creating a macroeconomic environment compatible with long-term investment, resilience, and the ecological transition. In terms of academic disciplines, this dissertation lies at the intersection of development economics, international macroeconomics, environmental economics, and monetary economics. It is based on the idea that commodity price volatility constitutes a major macro-structural shock for developing countries, as it simultaneously affects tax revenues, terms of trade, exchange rates, financing conditions, fiscal trade-offs, and, ultimately, the very quality of public spending. At the same time, it draws on a broader understanding of monetary policy, according to which inflation targeting, by stabilizing the macroeconomic environment, can have indirect effects on investment, human development, and resource allocation. It is also likely to influence fiscal discipline and certain aspects of environmental performance.
Date
13h
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