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Soutenance de thèse de Denis Oka Kouadio

Soutenance

Le 29 septembre 2026

soutenance

Essais sur les liens entre développement et inégalités économiques et sociales : institutions, intensité de la recherche et du développement, et inégalités de genre dans les pays en développement
 

Membres du jury

  • Monsieur Hervé CHARMETTANT, Maître de conférences, Université Grenoble-Alpes, Directeur de thèse
  • Monsieur Farid GASMI, Professeur des Universités, Université Toulouse, Examinateur
  • Monsieur Dorgyles Christ Maurel KOUAKOU, Maître de conférence, Université de Rennes, Examinateur
  • Monsieur Matthieu CLEMENT, Professeur des Universités, Université de Bordeaux, Rapporteur
  • Madame Amélie ARTIS, Professeure des Universités, Université Grenoble-Alpes, Examinatrice
  • Madame Naciba CHASSAGNON, Professeure, ESSCA School of Management Lyon, Rapporteure
  • Madame Salmata OUEDRAOGO, Université du Québec à Chicoutimi, Invitée


Résumé / Abstract

Cette thèse de doctorat, composée de trois essais distincts mais complémentaires, vise à aborder la question du lien entre croissance économique, dévéloppement et inégalités économiques et sociales sous un angle transformateur et institutionnel holistique. Dans l'essai 1, une relecture critique du débat théorique historique est fournie entre les visions optimistes, héritées de la courbe de Kuznets, et les perspectives pessimistes, portées par le travail de Thomas Piketty, sur la relation entre croissance et inégalités. Abolissant l’opposition même, cet argument montre qu’à la fois théorique et empirique, le destin économique ne présente guère de déterminisme économique et est principalement déterminé par les contextes institutionnels et les cadres de choix politiques nationaux. En particulier, il note que l’effondrement des inégalités généralement observé dans la première moitié du 20e siècle était le résultat d’une action étatique active plutôt que d’une quelconque force impersonnelle. Fondamentalement, leur récurrence récente est le facteur de spécificité de deux transformations institutionnelles, la déréglementation et l’affaiblissement des syndicats, ainsi que le “policy choice” en matière de fiscalité favorisant les hauts revenus. L'essai 2 traite du rôle ambivalent de l’innovation technologique, mesurée par l’intensité de R&D, dans les pays en développement. En utilisant à cet effet des modèles de panel dynamique avec effets de seuil, il montre que l’effet de l’innovation sur les inégalités de revenu n’est pas linéaire. Les seuils critiques pour le capital humain, mesuré par le niveau d’éducation, et la qualité des institutions, État de droit, protection de la propriété intellectuelle, au-delà desquels les investissements en R&D commencent à diminuer les inégalités, sont identifiés. En dessous, la technologie aggrave encore les déséquilibres, en avantagent une élite déjà dotée en capital et en compétences. Cette analyse remet ainsi en cause les approches déterministes de la technologie et plaide pour des politiques d’innovation séquencées et adaptées aux contextes socio-économiques nationaux. Dans l'essai 3, un changement d’échelle est opéré pour se concentrer sur le rôle des micro-institutions informelles, en particulier les normes sociales de genre, dans le maintien des inégalités. À travers une étude empirique focalisée sur l’entrepreneuriat féminin dans un pays en développement, on analyse comment les normes, souvent imperceptibles, vont constituer des obstacles puissants à l’accès aux ressources économiques, réseaux et occasions pour les femmes. En d’autres termes, toutes les politiques publiques sont insuffisantes et inadéquates si elles se limitent aux leviers formels et institutionnels sans remettre en cause en profondeur les représentations et les attentes genrées. Les trois enquêtes aboutissent aux mêmes conclusions globales et unifiées : la croissance économique, bien que nécessaire, est une condition insuffisante – et de loin – pour le développement selon Perroux. Cela nécessite une transformation institutionnelle profonde, à la fois formelle et informelle, une orientation de l’innovation vers l’inclusivité et une réduction active des inégalités multidimensionnelles – de revenu, de genre et d’opportunité d’accès. En fin de compte, cette thèse propose une contribution significative à la renaissance de la pensée économique du développement. En effet, elle articule des éléments macroéconomiques classiques, tels que Kuznets, Piketty, avec des analyses institutionnelles méso et micro, basées sur Acemoglu, Ostrom et North. En ajoutant la dimension technologique, sociale et politique, cette thèse apporte aux décideurs des cartes beaucoup plus complètes et cohérentes pour intégrer politique, économie et société dans un cadre renouvelé pour le XXIe siècle.

This doctoral thesis, composed of three distinct but complementary essays, aims to address the issue of the link between economic growth, development, and economic and social inequalities from a transformative and holistic institutional perspective. In The first essay, a critical rereading of the historical theoretical debate is provided between the optimistic visions, inherited from the Kuznets curve, and the pessimistic perspectives, carried by the work of Thomas Piketty, on the relationship between growth and inequalities. Abolishing the very opposition, this argument shows that both theoretically and empirically, economic destiny has little economic determinism and is mainly determined by institutional contexts and frameworks of national policy choices. In particular, it notes that the collapse of inequalities generally observed in the first half of the 20th century was the result of active state action rather than any impersonal force. Fundamentally, their recent recurrence is the specificity factor of two institutional transformations, deregulation and the weakening of unions, as well as the “policy choice” in taxation favoring high incomes. The hyperlink second essay deals with the ambivalent role of technological innovation, measured by R&D intensity, in developing countries. Using for this purpose dynamic panel models with threshold effects, it shows that the effect of innovation on income inequalities is not linear. The critical thresholds for human capital, measured by the level of education, and for the quality of institutions, rule of law, protection of intellectual property, beyond which R&D investments begin to reduce inequalities, are identified. Below these thresholds, technology further worsens imbalances, favoring an elite already endowed with capital and skills. This analysis thus calls into question deterministic approaches to technology and advocates for sequenced innovation policies adapted to national socio-economic contexts. In the third essay, a change of scale is undertaken to focus on the role of informal micro-institutions, in particular gender social norms, in maintaining inequalities. Through an empirical study focused on female entrepreneurship in a developing country, it is analyzed how norms, often imperceptible, will constitute powerful obstacles to women’s access to economic resources, networks, and opportunities. In other words, all public policies are insufficient and inadequate if they are limited to formal and institutional levers without fundamentally challenging gendered representations and expectations. The three chapters lead to the same overall and unified conclusions: economic growth, although necessary, is a largely insufficient condition for development according to Perroux. This requires a profound institutional transformation, both formal and informal, an orientation of innovation towards inclusiveness, and an active reduction of multidimensional inequalities – of income, of gender, and of access opportunities. Ultimately, this thesis proposes a significant contribution to the renaissance of development economic thought. Indeed, it articulates classical macroeconomic elements, such as Kuznets and Piketty, with meso- and micro-institutional analyses, based on Acemoglu, Ostrom, and North. By adding the technological, social, and political dimension, this thesis provides policymakers with much more complete and coherent maps to integrate politics, economy, and society into a renewed framework for the 21st century.

 

Date

Le 29 septembre 2026
Complément date

9h

Localisation

Complément lieu

Salle Fardeheb, Bateg (bâtiment Économie gestion sur le plan)

Publié le 9 octobre 2025

Mis à jour le 11 septembre 2026